Liverpool – FC Barcelone : La revue de presse

La demi-finale de Ligue des Champions à Anfield entre Liverpool et le FC Barcelone fut extraordinaire. C’est l’occasion d’observer les réactions des différents médias. Bienvenue dans la revue de presse.

« Reds Dingues » en titre de son journal papier & « Redsmontada » sur sa page facebook voici les deux jeux de mots trouvés par le quotidien sportif français l’Equipe lors du dernier miracle footballistique qui a eu lieu mardi soir à Andfiled. Donc bonjour à tous et à toutes, comme vous l’avez compris, aujourd’hui cette revue de presse portera sur la double confrontation de ligue des champions Barcelone-Liverpool et plus particulièrement sur la rencontre de mardi. À travers cette revue de presse nous verrons le traitement médiatique de cet évènement avant et après ce match et de ce que celui-ci implique.

Dans un premier temps une presse entre méfiance et fatalisme après le match du 1er Mai. Après un match aller « Clinique et sans bavure » avec un Messi « Stratosphérique » pour le site internet de LCI, peu de médias voyaient Liverpool éliminer le FC Barcelone. Même constat chez Libération « Ligue des champions : à Liverpool, Barcelone rêve de Madrid » dans cet article, les grandes chances de voir Barcelone en finale sont clairement annoncées. La presse espagnole elle, a titré « Messi vole jusqu’au Wanda », à la fin du match aller, preuve qu’elle aussi ne donne pas cher de la peau de Liverpool.

La vision catégorique

  C’est notamment le cas d’Eurosport sur son site internet. Le titre de l’article de Glenn Ceillier datant du 6 mai « Ajax – Barça ? On y va tout droit » montre bien la confiance du journaliste pour qui ce match retour devait être une formalité. Pour Glenn Ceillier le constat est simple, Barcelone fonce vers la finale « encore plus depuis que l’on sait que Liverpool jouera sans son trident offensif et va se présenter sérieusement édenté : Roberto Firmino et Mohamed Salah ayant dû renoncer pour ce choc tant attendu. », il ajoute même « cela ressemble bien à une mission impossible pour les Anglais ». Le point de vue du journaliste est compréhensible quand on suit un petit peu le football. Car on apprend dans l’article que seulement deux formations ont réussi « à passer après avoir perdu 3-0 à l’aller en demi-finale d’une Coupe d’Europe après le Panathinaikos en 1970-71 et le… Barça en 1985-86. » Tiens, tiens, tiens… Un signe que malgré tout le sport reste le sport et que les retournements de situation sont imprévisibles. Encore plus ces dernières années.

La vision mesurée

D’ailleurs sur le plateau du média télévisuel Beinsport UK, le technicien alsacien Arsène Wenger annonce que l’antre de Liverpool est un endroit à part, il dit « Anfield est le seul endroit où vous ne voulez pas aller pour un match retour » devin Arsène et on comprend mieux son annonce à la fin du match tant le public Liverpuldien a été déterminant pendant le match. C’est le même constat pour quotidien régional Ouest-France qui appelle à la prudence en se posant les questions suivantes « Le FC Barcelone n’a-t-il pas sombré en quarts l’an dernier en gaspillant trois buts d’avance contre l’AS Rome (4-1, 0-3) ? » et  « à la même époque, Liverpool n’avait-il pas atomisé 3-0 le Manchester City de l’ancien entraîneur barcelonais Pep Guardiola dans son antre d’Anfield ? » ajoutant même que l’histoire de Liverpool plaide en la faveur d’un comeback « Les Reds restent d’ailleurs célèbres pour le miracle d’Istanbul en 2005, lorsqu’ils avaient gagné le titre européen aux tirs au but aux dépens de l’AC Milan, qui menait pourtant 3-0 à la pause ». Autant de constats qui donnent du crédit à la prudence. On voit bien que les médias hésitent entre l’exploit de Liverpool ou le fatalisme d’un match gagné d’avance pour les hommes d’Ernesto Valverde.

Le reste appartient maintenant à l’histoire puisque le Liverpool FC a réussi à battre le FC Barcelone, 4-0. Engendrant un déferlement de joie et de tristesse dans les médias ou sur les réseaux sociaux. Par exemple il y a eu dans la soirée de mardi plus de 2 millions de réactions au hashtag Liverpool. Dans les médias le constat est simple, les médias espagnols pleurent pendant que leurs voisins anglais exultent.

Ainsi, chez la presse espagnole on a le droit à deux visons de cette défaite. Soit des médias complétement consternés comme la presse catalane et une partie de la presse généraliste espagnole. Une autre partie, elle, se réjouit de cette déroute avec notamment les médias sportifs madrilènes.

La vision Catalane

Donc d’abord la presse catalane. Pour le quotidien sportif pro-barcelonais Mundo Deportivo, le naufrage de l’équipe de Messi & Co est tout simplement une « honte ». « Un Barça sans âme subit une débâcle à Anfield », écrit le quotidien en première page. « Le but du 4-0, une action ridicule sur un corner, est l’épitaphe d’une équipe qui a reproduit l’élimination de Rome » ajoute le quotidien sportif. L’autre quotidien sportif catalan Sport n’a orné sa Une d’aucune photo, préférant un titre en grands caractères sur fond noir rappelant le deuil sportif qu’ils sont en train de vivre. Il titre « El Mayor ridículo de la historia » se traduisant par « Le plus grand ridicule de l’histoire ». Juste en-dessous il est écrit « Le Barça écrit sa page la plus sombre en étant éliminé de la Ligue des champions de manière impardonnable à Anfield ». Montrant toute la colère du quotidien catalan. Ainsi, on voit bien chez Mundo Deportivo et Sport à travers leur écrit toute l’incompréhension, la tristesse et la colère d’une telle élimination pour une équipe qui avait roulé sur le match aller rappelant tristement l’élimination de l’an dernier. Tel un cauchemar qui revient en boucle.

Même son de cloche chez les quotidiens généralistes qui émeuvent de cette défaite. Par exemple chez trois des plus importants quotidiens de la péninsule ibérique El Pais, El Mundo et La Vanguardia une photo de Lionel Messi est en Une avec le regard dans le vide. Ces photos sont le véritable dénominateur commun des trois généralistes montrent le joueur barcelonais complétement perdu. Cela appuie bien les titres présents sur les Unes. « Fiasco monumental de Barcelone à Liverpool » pour El Pais, « Le Barça a signé à Liverpool l’une des prestations les plus ridicules de son histoire » pour El Mundo et « Le Barça revit le cauchemar de Rome » pour La Vanguardia. Signe que cette défaite si inattendue marque même dans ce qui est plus traditionnellement des journaux généralistes ne prenant pas vraiment parti sur les défaites sportives.

La vision Madrilène

Même une partie des journaux pro-Real affichent leur surprise, avec le journal madridiste As, c’est-à-dire qui supporte le Real Madrid, semblent davantage surpris que goguenards, symbole d’une déroute que personne ne voyait venir. Il titre « Coup de tonnerre à Anfield », avec cette mention : « Nouvelle hécatombe du Barça en Ligue des champions et adieu au triplé ». Pourtant, une autre partie de la presse madrilène se réjouit de la défaite Barcelonnaise, il s’agit notamment du journal quotidien madridiste Marca. Pour le quotidien, cette défaite de l’ennemi de toujours est une aubaine incroyable de fracasser sans vergogne Barcelone et oublier un tant soit peu la piètre saison de son équipe. Alors voici un petit florilège de leurs articles publiés sur leur site internet. Dans un article signé Jésus Sanchez on apprend que « Le Barça n’est pas encore Madrid » ou qu’« Il y a une équipe qui sait comment gagner la Ligue des champions. Elle s’appelle le Real Madrid. Et il y a une équipe qui récemment ne sait pas comment le faire. Elle s’appelle Barcelone. ». On distingue ici à peine quelle équipe le journaliste a supportée mardi soir. Si on continue sur le site on peut lire « De Manolas à Origi : le « bourreau » du Barça n’avait jamais marqué en Champions ». Article à peine humiliant rappelant que quand le FC Barcelone subit une remontada, c’est par des joueurs n’étant jamais présents dans les grands rendez-vous. Aller un dernier petit article montrant encore la joie immense du média madrilène de l’élimination du FCB, il s’agit d’un article relatant les meilleurs mèmes postés sur les réseaux sociaux se réjouissant du malheur des barcelonnais. Le seul point positif pour les barcelonais de se décorticage de Marca consiste en cette phrase prononcée sur Lionel Messi « peut-être le joueur le plus influent de tous les temps ». Une petite victoire quand on sait que le Real a accueilli des années durant le grand rival de la Pulga, le dénommé Cristiano Ronaldo. Mais finalement qu’en est-il du traitement médiatique de Marca. Alors comme vous avez compris, le média se réjouit du malheur de son ennemi, mais à force de publier pics et autres attaques envers leurs confrères, il en oublie peut-être le plus important, l’incroyable match de Liverpool, puisqu’aucun article ne relate vraiment l’exploit du club de la Mersey. Mais cela n’est pas vraiment le problème seulement des médias madridistes. On a pu voir que chez les médias généralistes et barcelonnais, l’exploit de Liverpool n’est pas mis en avant, préférant la détresse de l’équipe espagnole. En tout cas, une presse a compris qu’on retient finalement les vainqueurs et pas les vaincus, il s’agit bien évidement de la presse Anglaise et d’une partie de la presse française.

Tout d’abord, pour nos amis anglais la joie est immense, presque incommensurable. « The Miracle of Anfield » voici la Une du Daily Mirror et de son édition sportive le Mirror Sport, les tabloïds anglais ne tarissent pas d’éloge envers la performance des Reds. Le Daily Express parle du « plus grand retour de tous les temps », dans la plus grande des mesures. Et le Daily Star se met à la sauce l’équipe avec un titre jeu de mot sur le double buteur Wijnaldum « Wijn-credible ! – Les stars de Klopp coulent le Barça » titre-t-il.  Mais si on prend un peu de recul sur ce miracle, on remarque que la majeure partie des louanges vont à une personne, le coach ayant rendu possible ce comeback, Jurgen Klopp.

Jürgen Klopp : le messie

En effet, les médias anglais encensent particulièrement l’entraîneur Jürgen Klopp, artisan de ce come-back auquel nul, à part lui, ne croyait. « Après ça, il aurait pu se déshabiller et courir autour d’Anfield avec son pantalon baissé et tout cela aurait semblé faire partie de son charme hystérique germanique », relate Matt Dickinson dans The Times. « Avec ce sourire et ce football, il peut tout faire », note le journaliste, preuve qu’une partie de l’Angleterre est tombée sous le charme de l’allemand. Le Liverpool Echo, tabloïd de la ville raconte l’incroyable discours du technicien allemand Jurgen Klopp, discours ayant galvanisé ses troupes avant le match. Voici les propos retenus par le journal « With Anfield behind, trust me guys, we can do it. We did it once, the Dortmund game, and we can do it tonight. Just show some f***ing balls ». Montrant toute la détermination du coach. Les tabloïds anglais ne sont pas les seuls à encenser le coach allemand.

La France aussi. L’équipe retranscrit les propos tenus par José Mourinho sur Bein Sport UK. Pour le Special One, Jurgen Klopp fait un « travail fantastique » et « espère que Jurgen Klopp remportera la finale de la Ligue des Champions ». Et dieu sait que pour recevoir un avis positif du Mou est quelque chose de rare et gratifiant tant il passe normalement du temps à dénigrer ses adversaires. ». Libération aussi fait l’éloge du « charismatique héros de cette ère glorieuse. Le souriant et inspirant Jürgen Klopp a une nouvelle fois mené son chatoyant Liverpool à la finale de la Ligue des champions ». Ainsi, les éloges pleuvent de toute part pour Klopp. Maintenant il ne lui reste plus qu’à gagner un trophée qui lui a déjà échappé deux fois pour être vraiment reconnu à sa juste valeur. De ce fait, on voit très facilement la différence de traitement entre les journaux espagnols préférant accentuer l’information sur la défaite de leur club comparé aux médias anglais qui eux célèbrent leurs « champions »

En conclusion, les médias ont vu ce match de deux manières différentes selon le résultat du club de leurs pays. Une victoire miraculeuse pour Liverpool chez les médias anglais qui de plus louent le travail de Jürgen Klopp. Et une terrible désillusion chez les médias espagnols qui, comme une partie de la presse française, voyaient le FC Barcelone sur la route 66 des finales. Heureusement, le sport nous a rappelé que rien n’est jamais fait, qu’il ne faut jamais crier victoire trop tôt et qu’un résultat n’est jamais joué d’avance. Une chose est sûre, on entendra résonner « You’ll never walk alone » à Madrid.

Adrien Michaud

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s