Un Giro spectaculaire

La lutte pour le maillot sera une fois de plus disputée. Avec cinq potentiels vainqueurs, du 11 mai au 2 juin, ce tour d’Italie va nous offrir un spectacle fantastique.

Tom Dumoulin (maillot rose) tentera de glaner un 2ème Giro tandiq que Vincenzo Nibali (en rouge derrière) est en quête d’un troisième Tour d’Italie.

Ce 102ème Tour d’Italie compte bien montrer à la grande boucle qu’il n’est pas son « petit frère ». Avec un florilège de prétendants à la victoire finale et des sprinteurs qui comptent se répondre étape après étape, le Giro nous montre encore une fois qu’il est très attractif.

Un plateau ouvert

Cinq favoris se distinguent sur la short-list. Dans un premier temps le coureur néerlandais Tom Dumoulin, vainqueur en 2017 et second en 2018, qui pour sa quatrième participation d’affilée compte bien reprendre son trophée perdu l’an dernier. Il n’a effectué que deux courses depuis le 23 Mars (Milan-San Remo ce jour-là et Liège-Bastogne-Liège le 28 Avril). Le coureur de la Sunweb sera donc en grande forme, d’autant plus que le parcours lui est propice à l’image des trois contre-la-montre figurant sur le tracé de ce Giro 2019.

Vient également se joindre à la joute le coureur slovène Primoz Roglic. Bien qu’inexpérimenté sur la course italienne (une participation en 2016, 58ème mais victorieux sur la 9ème étape lors du contre la montre), le leader de la Jumbo-Visma est en grande forme, en s’adjugeant le Tour de Romandie où il a dominé tous ses adversaires, ainsi que le Tirreno-Adriatico plus tôt dans la saison, il montre son désir de remporter le premier grand tour de sa carrière après avoir fini au pied du podium du Tour de France en 2018.

Le revanchard Simon Yates compte bien se rattraper de son échec cuisant lors de l’édition précédente. Alors qu’il avait porté le maillot rose pendant 13 jours et gagné trois étapes, à deux jours de l’arrivée il avait sombré lors de l’étape 19 en perdant son maillot rose au dépend de son compatriote Christopher Froome, au final il terminera l’épreuve à la 21ème place. Mais il se relèvera de cette contre-performance en allant signer une grande victoire sur la Vuelta où il ramènera le maillot rouge. Simon Yates n’est donc plus le même, il est prêt à se bagarrer pour ajouter le Giro a son palmarès où il sera très bien aidé par des coéquipiers de luxe comme Estéban Chaves (2 victoires sur le Giro) et Mikel Nieve (3 victoires sur le Giro).

Le quatrième grand prétendant sera nul autre que le meilleur jeune de la dernière Edition du Tour d’Italie : Miguel Angel Lopez. 3ème sur le Giro et la Vuelta l’année dernière, « Superman » compte bien remporter un grand tour cette année. Bien accompagnée par une équipe Astana solide (Jan Hirt, Pello Bilbao, Ion Izagirre) qui compte bien surfer sur son succès de début de saison (23 victoires pour l’équipe Kazakh). Nettement moins fort que les autres favoris dans l’exercice du contre-la-montre, le colombien tentera de limiter la casse durant les trois exercices du chrono et se rattrapera à coup sûr en montagne où son esprit offensif nous offrira forcément beaucoup de spectacle.

Le dernier favori est loin d’être un inconnu puisqu’il a remporté le Tout d’Italie en 2013 et 2016, l’Italien Vincenzo Nibali revient après avoir fait l’impasse en 2018. Il n’a rien gagné depuis Milan-San Remo 2018 mais s’est trouvé en jambe lors de Tour des Alpes (3ème), le requin de Messine aura à cœur de réussir dans sa quête de triplé après avoir échoué à la 3ème place en 2017. De l’expérience il en a, on lui fait confiance pour animer la course notamment avec l’aide de ses deux coéquipiers de luxe que sont Damiano Caruso (8ème en 2015) et Domenico Pozzovivo (5ème l’an passé).

Mention Spéciale à :

  • Rafal Majka (Bora-Hansgrohe, 5ème en 2016)
  • Mikel Landa (Movistar, 17ème et maillot bleu de meilleur grimpeur en 2017)
  • Ilnur Zakarin (Katusha-Alpecin, 5ème en 2017)
  • Bauke Mollema (Trek-Segafredo, 7ème en 2017)
  • Bob Jungels (Deceuninck-Quick Step, 6ème en 2016, 8ème en 2017, vainqueur du classement du meilleur jeune et également porteur du maillot rose lors de ces deux participations)
  • Les jeunes loups d’Ineos (ex-Sky) que sont Pavel Sivakov, Ivan Sosa et Tao Geoghegan Hart tenteront de remplacer Egan Bernal.

Ça va frotter

Le Tour d’Italie sera également l’occasion de voir un duel acharné entre les sprinteurs. Avec 6 étapes de plat et 7 étapes de moyenne montagne, les sprinteurs auront de quoi se mettre sous la dent.

Fort d’un Giro 2018 où il rayonné (4 victoires), Elia Viviani (Deceuninck-Quick Step) compte bien rééditer son exploit de la saison passée. Son équipe sera également au service de Bob Jungels mais il pourra compter sur des coéquipiers comme Fabio Sabatini ou le français Florian Sénéchal pour l’emmener jusqu’au derniers hectomètres.

Un autre vainqueur d’étapes revient sur le Giro, il s’agit de Fernando Gaviria (UAE Emirates) auteur d’un Tour d’Italie mémorable en 2017 lors de sa première participation à un grand tour (4 victoires d’étapes et le maillot cyclamen). Le sprinteur colombien aura fort à faire, lui qui a tenté cette année les classiques flandriennes qui ne lui ont pas franchement réussies. Il est quand même une valeur sûre, et sera accompagné par une équipe qui lui sera quasi-exclusivement dédiée.

Un autre sprinteur aura une équipe dédiée à sa cause, le petit australien Caleb Ewan (Lotto-Soudal). Le parcours lui convient parfaitement, il aime les arrivées sur le plat mais il affectionne tout particulièrement les étapes de faux plat montant, il est donc en capacité de décrocher une deuxième victoire d’étape sur le tour d’Italie après celle gagnée en 2017. Attention tout de même, le sprinteur n’a jamais terminé un grand tour (abandon sur le Giro en 2016 et 2017, abandon sur la Vuelta en 2015), il devra donc se donner pour tenter de rallier l’arrivée finale à Vérone.

Trois autres outsiders seront présents mais ils devront batailler sévèrement pour s’offrir un succès. Arnaud Démare (FDJ) tentera de décrocher une première victoire sur les routes italiennes après ses deux abandons en 2012 et 2016. Pour sa 9ème participation, Sacha Modolo (EF Education First) essayera d’ajouter une 3ème victoire d’étape après ces deux succès en 2015. Enfin Pascal Ackermann (Bora-Hansgrohe) tentera de prendre la relève de son coéquipier Sam Bennett, vainqueur trois fois l’an passé. Le champion d’Allemagne sur route 2018 cherchera à s’offrir une victoire de prestige dans ce qui sera son premier grand tour.

En définitive, ce Giro prévoit d’être spectaculaire, fabuleux à l’image de tous les possibles vainqueurs de cette édition ainsi que tous les vainqueurs d’étapes potentiels qui nous offriront des courses quotidiennes à couper le souffle, on l’espère. Le Giro sera diffusé chaque sur la chaine L’Equipe, canal 21 de la TNT.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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