Louis Burton : « Ce type de confinement était psychologiquement compliqué »

Le skipper du bateau Bureau Vallée prendra, en novembre, le départ de son 3ème tour du monde en solitaire. Avant le coup d’envoi de l’édition 2020, il revient sur son confinement, son rapport à l’isolement et son espoir de faire un bon classement pour ce Vendée Globe.

Louis Burton prendra part à son 3ème VG en novembre prochain © JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Comment un skipper prépare un Vendée Globe en pleine pandémie ?

Il faut avant tout réussir à garder de l’optimisme et de la motivation. C’était mon cas. Puis, il faut réfléchir à des solutions qui permettraient de faire un village de départ malgré le contexte sanitaire. Tout cela rentre dans la préparation mentale. Ensuite, il faut trouver des solutions pour continuer la préparation du bateau. Ça nécessite d’organiser le non-arrêt du chantier naval avec toutes les contraintes liées au confinement.

Il y a aussi la partie préparation physique qu’il ne faut pas stopper. J’ai continué les entraînements comme si de rien n’était. J’en ai même fait en visioconférence (*rires*). Après, il y avait quand même beaucoup de stress. Ne pas aller en mer pour tester le bateau avant une course aussi éprouvante, ça fait cogiter un homme.

Pendant un Vendée Globe, vous êtes plus de 80 jours en mer, seul, isolé du monde. Est-ce que c’est plus simple de vivre confiné en tant que skipper ?

J’ai une vie où je ne suis pas souvent à la maison. Il y avait un côté sympa d’être autant avec ma famille. Après, un Vendée Globe c’est un confinement volontaire. Alors que celui-ci était imposé. Je fais de la voile car j’aime le sentiment de liberté absolue. Je ne suis pas une personne qui aime avoir des contraintes. Donc, même si je suis habitué à être confiné, ce type de confinement était psychologiquement compliqué.

Le président de la SAEM Vendée Globe, Yves Auvinet, a dit, ces dernières semaines, tout et son contraire par rapport au maintien de la course. Comment avez-vous réagi à ses déclarations ?

C’est sûr que la communication a été gérée n’importe comment. Il devait y avoir une annonce commune entre la classe IMOCA et les organisateurs sur le départ ou non de la course. Puis, il y a eu ces différentes sorties déroutantes dans la presse. Psychologiquement, c’était perturbant d’avoir un président qui faisait du yo-yo avec nos nerfs. Maintenant, ils ont pris la décision que le Vendée Globe aurait lieu et ça c’est une bonne chose.

Un Vendée Globe sans village et sans les centaines de milliers de personnes qui vous acclament dans le chenal avant le départ, est-ce que vous y pensez ?

Il faut malheureusement imaginer le pire étant donné la situation sanitaire. Mais c’est sûr que si on ne peut pas faire la fête avec les gens au départ, cela sera vraiment moins bien. Cela étant, on pratique un sport où une fois le départ donné, on ne dérange plus personne. Donc, si notre discipline ne peut pas être pratiquée, alors aucune ne peut l’être.

Quelles sont vos ambitions pour ce Vendée Globe 2020 ?

Je pars clairement avec l’objectif de faire mieux qu’il y a quatre ans (il avait terminé 7ème, NDLR) avec ce bateau qui a remporté l’édition 2016. Après, il y a des IMOCA plus récents et plus rapides que le mien. Mais le nôtre est sûrement plus fiable. Dans un Vendée Globe ça compte énormément. J’ai clairement mon épingle à tirer du jeu. Je vise clairement un top 5.

Adrien Michaud

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